L’HISTOIRE …

Si vous êtes musulmans, plus ou moins jeunes, barbus, fréquentant une mosquée, ayant des amis d`enfance, de voisinage ou de travail partageant la même obédience, Si vous communiquez entre vous – comme tout le monde – par téléphone … Voilà, alors, une cellule « terroriste » idéale, un réseau « dormant » à la perfection, qui, demain au besoin pourrait faire la une des JT et de la presse. Cette cellule pourra alors faire parti du tableau de chasse élogieux des chasseurs de terroristes à la française ; ces chasseurs impunis que sont les juges d`instruction spécialisés dans la lutte anti-terroriste. De l`instruction, ils ne sont spécialistes que dans l`art morbide d`enterrer des vivants dans les cimetières des quartiers d`isolement et de torture légale, et dans l`art d`édifier de faux dossiers, de « semblants » d`affaires et d’accusations fantasmagoriques …

Pour les peines, on distribue le maximum encouru à ceux qui semblent jouir d`un bon niveau de culture et d`instruction pour les maquiller en chefs, et le reste on le fait passer pour des seconds couteaux, mal aiguisés, récoltant à peine moins d`années de supplice et de destruction de vies familiales, professionnelles et sociales.

Les révélations récentes de Wikileaks, relayées par le quotidien Le Monde du 1er décembre 2010, sous la plume de Piotr smolar, dont je salue le courage (c’est rare de voir un tel témoignage de journaliste lorsqu’il s’agit des injustices judiciaires françaises commises impunément contre ce que l’on désigne sous le vocable de mouvance islamiste), ont finalement donné une preuve crédible et une voix quelque peu audible aux cris étouffés que je n`ai eu de cesse de pousser depuis les abymes abyssaux des quartiers d`isolement total et de torture légale des prisons françaises et ce dix années durant !

Bien avant les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique, le 29 juillet 2001, en pleine escale à l`aéroport d`Abu-Dhabi ( Émirats Arabes Unis) à 23 heures, j’ai été kidnappé par les services secrets émiriens, soumis à deux longs mois de tortures physiques indescriptibles, avec du matériel sophistiqué et des produits chimiques aux effets terriblement délétères. J’ai été soumis aux tortures psychiques – incroyablement méthodiques, diablement élaborées par les services de renseignement extérieur que sont la CIA (États-Unis d’Amérique), le MI6 (Royaume-Uni) et la DGSE (France), dont les agents étaient de la fête durant ces deux mois- là d’atroces souffrances.

Dans ces flots de douleurs, entre deux vagues de supplices, je criais mon incompréhension de cette situation et mon INNOCENCE si toutefois il y avait quelque chose à me reprocher.

L`évènement du siècle survint ce 11 septembre 2001 sans même que j’en sois informé.

Je me retrouve emballé, empaqueté dans un Hercules (Transall) 630 et acheminé vers la France après plus de 24 heures de vol dans le le froid et le vacarme, suspendu – telle une chauve souris – aux supports des parachutes de l`oiseau métallique. Les conditions étaient des plus atroces.

La France avait besoin d`un 11 septembre local, typiquement français à se mettre sous la dent. Il fallait à tout prix entrer dans l`arène des grandes victimes du « terrorisme islamiste » tout en se distinguant par cette suprématie « légendaire », pour avoir comme toujours, déjoué l’attentat du siècle à Paris. On n`est jamais mieux flatté que par soi-même !

On m’a enterré vivant dans les méandres des quartiers d `isolement total et de torture légale pendant 7 ans afin de me couper du monde. On essayait d’une part de me tenter par une collaboration lâche au nom d`une « foi du Palais » et d’autre part, on me terrorisait par des méthodes et des procédés, largement décrits dans un recit que j`ai griffonné.

Ne disposant d’aucun début de la moindre preuve, en juillet 2003 le fameux juge Jean-Louis Bruguière s`envola en Belgique afin de tenter d`acheter la collaboration de Nizar Trabelsi, ancien international du football professionnel, incarcéré alors à Bruxelles. Le magistrat voulait de lui de « faux » AVEUX m`incriminant gratuitement.

M. Bruguière menaça M.Trabelsi de ne plus jamais revoir sa femme corse et son enfant, tous deux assignés à demeurer (sans permission de voyager) sur l`île de Beauté. Nizar tint tête. (voir article)

Bruguière et ses sbires de l’administration pénitentiaire m’ont hermétiquement isolé sous une cloche pesante loin de toute possibilité de bien me défendre, ne serait-ce qu’en écrivant un mot en guise de réponse au pilonnage médiatique de la presse et des autres médias.

La seule tribune que j`ai pu avoir afin de relater la vraie histoire était le procès au Tribunal Correctionnel du TGI de Paris. Ce fut une bataille de chiffonniers avec le tyrannique Président du Tribunal M. Philippe Vandingenen qui ne cessa de me couper la parole à la moindre réponse argumentée de ma part. Au 3ème jour du procès qui s’étirait sur deux mois et demi, après un forcing, j’ai pu raconter durant deux heures non stop, seul contre tous, les tortures que j’ai subies aux Émirats Arabes Unis, les marchés proposés par Jean-Louis Bruguière et ses semblables avant qu’ils ne passent à mon lynchage comme promis. (voir articles le monde – M. Hunault – Libération). La justice Française regardait le plafond et pianotait sur un crayon pendant mon récit …

Parmi tous les journalistes qui avaient suivi le procès, un seul d’entre eux – journaliste politique – a signalé l’indigence d`un tel dossier et l`absence de la moindre preuve juridique dans cette grande affaire du fameux attentat contre l`ambassade des États-Unis d’Amérique à Paris, qui a toujours fait office de Temple de retraite singulièrement « spirituelle » des magistrats instructeurs de mon dossier, « nobles », « justes » et « impartiaux » !

L`impunité, évoquée par le cable diplomatique, assurée à nos magistrats de malheur, a fait que j’ai écopé de la très lourde peine de dix années d’emprisonnement, dont deux tiers de sûreté.

Il s’en est suivi des années de braises, passées dans des quartiers d’isolement total et de torture légale, privé de tout contact humain, dans des cellules insalubres, exigües,et souvent sans fenêtre. Le tout couronné par un éloignement géographique afin de me briser en brisant tout lien familial possible.

Ma peine, ainsi injustement subie, il y eut de multiples autres peines en plus de l’emprisonnement :

* Sept ans de cauchemar dans les quartiers d`isolement total et de torture légale

* Ma déchéance de la nationalité française

* Une tentative musclée de m’expulser manu militari vers l’Algérie malgré les décisions de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH)
et du Tribunal Administratif de Paris

* Une tentative avortée de BANNISSEMENT à Cayenne en Guyane ( voir article du quotidien le Monde juillet 2009)

* Une assignation à résidence à Murat, minuscule village dans le département du Cantal avec obligation de signer un registre trois fois par jour, tous les jours, y compris les jours fériés, à 8 h 00, 13 h 00 et 18 h 00 avec en sus l’interdiction de sortir d’une zone prédéfinie de 1,7 km².

* Aucun document d`identité, aucun permis de travailler, aucune ressource financière ni aucune aide sociale.

* Une séparation forcée de mon épouse et de mes quatre enfants qui ont pu me rendre quelques visites, techniquement irréalisables sans une grande opiniâtreté.

En somme, des conditions inhumaines pour lesquelles même les associations de défense des droits des animaux s’insurgeraient.

Un an pile passé dans cette situation dramatique (mai 2009 – mai 2010), les oiseaux noirs de la Sous-Direction de l’Anti-terrorisme (SDAT) reviennent me kidnapper pendant mon sommeil pour me charger après 4 jours de garde à vue, d’accusations dantesques que je ne réalise toujours pas tellement elles sont audacieuses, fantasmagoriques et dépassent l’entendement.

Je suis accusé, en dépit de l`existence de ces charges dans le code pénal français, d`organiser et de diriger un groupe, afin de réaliser un attentat – encore une fois – ni situé, ni décrit, ni révélé, ni avoué par quiconque. Un attentat fantôme et aux contours inconnus ! Puis, on m’accuse d’avoir voulu m’évader de Murat, tandis que j’ai été arrêté et perquisitionné sur place. Pire, on m’accuse d’avoir voulu faire évader des détenus islamistes d’une Centrale alors que je suis moi-même captif et prisonnier à Murat ! Ils sont fous ces Gaulois !

Rien que cela, jugez-en vous-même !

Dans un pays respectant son propre droit positif, je ne m’inquiétais aucunement de telles accusations burlesques. Mais là, en France, avec les confessions intimes de M. Ricard – si toutefois il était à jeun ce jour là – conjuguées à l`indifférence générale lorsqu’il s’agit de tout ce qui a trait à l’islam je ne peux finalement que m’interroger, m’inquiéter et m’angoisser sur mon devenir dans cette jungle de non-droit et d’impunité qu’est la « Galerie Saint-Eloi », enfant gâté et pourri de la République et de la Justice françaises.

Merci pour votre lecture attentive.

Djamel Beghal.

2 commentaires sur “L’HISTOIRE …

  1. Salam ‘aleykoum,

    Les mots me manque et à vrai dire je ne saurai même pas quoi dire tellement cette situation est incroyable, mais dans ce pays pu rien ne m’étonne et il s’agit bien d’une des conséquences du fait de vivre parmi les injustes, ceux qui ne connaissent pas la justice « LA VRAI » celle de leur Créateur. Et encore vous avez émigrés mais comme quoi ces gens ne nous lâchent jamais.

    Puisse Allah apaiser ton cœur et celle de ta famille, vous faciliter dans cette épreuve et vous raffermir dans la religion d’Allah.

    Malheureusement nous qui sommes dehors, libre ne réalisons pas toujours et n’avons pas connaissance du (grand) nombre de nos frères qui sont otages dans les prisons ou même en « résidence surveillé »…

  2. Qu’Allah maudisse ces chiens qui oppriment nos frères et sœurs sous couvert de lutte Anti terroriste.
    On est de tout coeur avec vous n’en déplaise aux crapules..

    Patience, la vie n’est pas eternelle.

    Salam alaykoum.

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